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TDAH

Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité

Un trouble souvent mal compris

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Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental reconnu scientifiquement, inscrit dans le DSM-5 et la CIM-11. Il ne s’agit ni d’un manque de volonté, ni d’un problème d’éducation, ni d’un effet de la société moderne. Le TDAH repose sur des particularités du fonctionnement cérébral impliquant la régulation de l’attention, de l’impulsivité et des émotions, en lien avec des circuits fronto-striataux et dopaminergiques bien documentés.

Des idées reçues tenaces

On imagine souvent un enfant “incapable de se concentrer deux secondes” ou “qui saute partout”. En réalité, le TDAH n’est pas une incapacité à se concentrer, mais une difficulté à réguler l’attention : l’enfant peut se montrer distrait pour certaines tâches, et au contraire hyperfocalisé sur d’autres activités qui le motivent. L’attention n’est pas absente, elle est instable, fluctuante et dépendante du contexte. De même, tous les enfants concernés ne sont pas hyperactifs : certains sont plutôt calmes, rêveurs ou lents, ce qui contribue souvent à un diagnostic tardif.

Une régulation émotionnelle fragilisée

Le TDAH ne touche pas seulement l’attention et le contrôle moteur : il s’accompagne fréquemment d’une difficulté à réguler les émotions. Ces personnes peuvent réagir avec intensité, passer rapidement d’un état à un autre, ou se sentir débordées face à la frustration, la critique ou le stress. Ce déséquilibre émotionnel ne traduit pas un manque de maturité, mais une vulnérabilité neurodéveloppementale touchant les circuits impliqués dans la gestion des affects et de l’impulsivité.

Ni surdiagnostic, ni mythe

L’idée d’un “surdiagnostic massif” repose souvent sur une méconnaissance des critères diagnostiques, qui exigent la présence de symptômes avant 12 ans, dans plusieurs contextes (maison, école, travail), avec un retentissement significatif. Dans les faits, le TDAH reste largement sous-diagnostiqué, notamment chez les filles, les adultes ou les profils sans hyperactivité manifeste.

Une approche globale nécessaire

Le TDAH n’explique pas tout : il coexiste souvent avec d’autres particularités (anxiété, troubles spécifiques des apprentissages, TSA, haut potentiel, etc.) et nécessite une évaluation pluridimensionnelle. La prise en charge repose sur une approche multimodale : psychoéducation, guidance parentale, aménagements scolaires ou professionnels, accompagnement psychologique et, dans certains cas, traitement médicamenteux.

Conclusion

Le TDAH est un trouble réel, validé scientifiquement, mais souvent déformé par les stéréotypes. Le réduire à un “enfant agité” ou “inattentif” revient à méconnaître la complexité de la régulation attentionnelle et émotionnelle qui le caractérise. Mieux le comprendre, c’est reconnaître la réalité du trouble et offrir aux personnes concernées un accompagnement adapté, fondé sur la science plutôt que sur les préjugés.

© 2022 par Aude ANDOLFATTO Neuropsychologue Grenoble. Créé avec Wix.com

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